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Bernadette Chirac tacle Alain Juppé : le soutien encombrant à Nicolas Sarkozy

30 Août 2016, 19:15pm

Publié par Antonella LA FRANCE POUR LA VIE NS 2017

ARTICLE DE 2014 ....Bernadette Chirac tacle Alain Juppé : le soutien encombrant à Nicolas Sarkozy

ARTICLE DE 2014 ....Bernadette Chirac tacle Alain Juppé : le soutien encombrant à Nicolas Sarkozy

LE PLUS. "Il n'attire pas les gens, les amis, les électeurs éventuels. Il est très très froid." Interviewée sur Europe 1 ce lundi, Bernadette Chirac a lourdement taclé Alain Juppé, tout en réitérant son soutien à Nicolas Sarkozy. Un support gênant pour l'ancien président ? Décryptage de Thierry de Cabarrus.

Nicolas Sarkozy a de la chance, Bernadette Chirac l’aime bien ! Et elle ne manque jamais une occasion de lui donner un petit coup de pouce, surtout depuis qu’il est revenu sur la scène politique avec de grandes ambitions et un formidable désir de revanche.

Par exemple, ce dimanche, elle répète qu’il est "le meilleur" et que personne ne lui arrive à la cheville, n’hésitant pas, sur Europe 1, à sortir quelques phrases bien fielleuses sur son rival le plus sérieux, Alain Juppé, qui dit-elle "est très très froid " et "n’attire pas les gens".

C’est violent, plein d’une détestation qui n’a d’égale que son admiration énamourée pour celui qui, dit-on, occupe désormais la place du "fils" qu’elle n’a jamais eu.

Chirac déteste Sarkozy, elle l’adore…

Quand on lui demande pourquoi elle aime autant Nicolas Sarkozy, Bernadette répond qu’il l’a traitée "comme sa mère" dans les moments difficiles, quand son mari Jacques commençait à sombrer dans la maladie et le grand âge.

Personnellement pourtant, j’ai quelque doute sur l’origine de ce sentiment présenté comme maternel et j’aurais plutôt tendance à imaginer, mauvais esprit que je suis, que ces marques d’affection sont le pendant exactement symétrique de la relation compliquée qu’entretient depuis toujours son mari Jacques Chirac avec l’ancien président.

Jacques Chirac n’éprouve que mépris et colère à l’égard de celui qui l’a trahi en 1995, quand il a choisi de soutenir Edouard Balladur plutôt que lui. Il suffit pour s’en convaincre de se souvenir de cette phrase terrible, balancée par le grand Jacques à propos de celui qui avait quitté le porte-parolat du gouvernement pour devenir le représentant personnel du premier ministre en campagne :

"Sarkozy, il faut lui marcher dessus pour deux raisons : d’abord, il ne comprend que ça, ensuite parce que ça porte bonheur."

Première dame exemplaire

De nombreux articles ont été écrits (ici ou ) sur Bernie qui, depuis que son mari perd pied avec la réalité, prend sa revanche. Elle qui, pendant plus d’un demi siècle a dû s’effacer pour servir la carrière de son mari, quitte à passer par profits et pertes de nombreuses aventures sentimentales (prêtées ou bien réelles), estime qu’elle est libérée aujourd’hui de toute réserve.

Elle qui, contrairement par exemple à Valérie Trierweiler, a consenti à jouer le rôle d’une "Première dame" exemplaire, et à rester dans un silence de bon aloi durant les deux mandats de Jacques Chirac, au prix de frustrations sans doute insupportables, considère qu’elle a gagné le droit de prendre la parole. Et de dire très exactement ce qu’elle pense, au moment où elle le pense.

Alors, tant pis s’il y a des micros qui traînent quand elle exprime ses colères et ses exaspérations nouvelles. Et voilà qu’elle se met à régler ses comptes avec tout ce qui bouge encore, à commencer avec son mari et ceux qu’il appréciait.

De Jacques Chirac, elle dit qu’il ne se rend pas compte qu’il est malade et que "la vieillesse est un naufrage". Et elle n’hésite pas à l’humilier en public quand, dans le restaurant d’un grand hôtel marocain, devant le couple Badinter installé à la table voisine, elle lui lâche avec mépris :

"Elisabeth et Robert Badinter ont mieux à faire ce soir que de dîner avec vous... Vous n'êtes que le bruissement des ailes d'un insecte."

Elle disperse la chiraquie façon puzzle

Désireuse sans doute d’avoir enfin son mari toute à elle, Bernadette disperse façon puzzle ce qui reste de la chiraquie autour de lui, à un point tel, d’ailleurs, qu’un ancien proche éconduit du premier cercle, s’en est plaint dans "Le Canard Enchaîné" :

"Bernie est une méchante. Une vraie méchante" [...]. On n'en peut plus d'elle, on ne peut plus la voir, elle nous emmerde."

Il faut dire que certains ont fait les frais de ce grand nettoyage autour de Jacques Chirac.

Dominique de Villepin, par exemple, qu’elle n’hésite pas à appeler "Néron" en public. Ou encore l’homme d’affaires François Pinault, le "meilleur ami" de Jacques, à qui elle fait un véritable affront quand elle accepte d’entrer au conseil d’administration de LVMH, chez son concurrent Bernard Arnault.

Pour mieux comprendre, il faut avoir vu le 26 février 2013, sur France 2, l’enquête "Le clan Chirac, une famille au cœur du pouvoir". Et entendu Pierre Hurel, le réalisateur, dresser ce portrait de Bernie : elle est "une femme dévouée qui s'est émancipée au fil des ans… Jusqu'à s'afficher en soutien de Nicolas Sarkozy, au premier rang de meeting, tandis que Jacques Chirac évolue désormais loin des projecteurs".

Elle tacle "le meilleur d’entre nous"

Bernadette Chirac a donc jeté son dévolu sur celui que Jacques Chirac déteste sans doute le plus parmi ses proches. Et bien évidemment, elle rejette avec violence Alain Juppé, celui que son mari appelait "le meilleur d’entre nous" qui, avec élégance, a accepté de porter le chapeau dans l’affaire des emplois fictifs. Et qui, sobrement, vient de répondre avec humour à l'attaque de Bernie, non sans une certaine classe.

Comment pourrait-elle accepter que celui-ci revienne au premier plan, réussissant par la même une résurrection politique fort improbable, et vienne contrecarrer les visées de son poulain ?

Donc, dit-elle, le maire de Bordeaux est si froid qu’il n’attire pas les gens. L’histoire de la paille et de la poutre de la part de celle qui, c’est le moins que l’on puisse dire, n’a jamais exprimé la moindre empathie envers les Français malgré l’opération des pièces jaunes censée l’humaniser un peu ; elle qui n’a connu qu’une élection, conseillère générale de Corrèze, poste auquel elle semble tenir comme à la prunelle de ses yeux.

Alain Juppé, quant à lui, le personnage raide qui ne souriait jamais, a semble-t-il beaucoup appris. Au point de revenir changé (pas comme Nicolas Sarkozy, toujours le même) de sa traversée du désert, et de se représenter avec succès devant les électeurs.

Sans conteste, il s’est assoupli au point de manier l’autodérision avec à la fois détachement et naturel. Quant à l’expression "droit dans ses bottes" qui lui a collé à la peau pendant sa réforme contestée des retraites, elle désigne désormais non plus chez lui un défaut, la psychorigidité, mais une qualité rare chez les politiques par les temps qui courent, la rectitude.

Le charme sulfureux des aventuriers

Car Bernie a beau tacler le rival de Nicolas Sarkozy, les Français (de droite mais aussi les autres)savent faire la différence entre la moralité des deux candidats à 2017. Moins clivant que son adversaire, Alain Juppé parvient à draguer le centre et François Bayrou quand Nicolas Sarkozy essuie de la part de Jean-Louis Borloo un refus poli à ses avances.

Et que dire de la batterie de casseroles que traîne le second quand le premier a payé sa dette, ou encore de la conception si différente qu’ont les deux hommes sur l’indépendance de la justice ?

Alors, certes, Nicolas Sarkozy est un flibustier de la politique, qui a sur les militants de l’UMP le charme sulfureux des aventuriers prêts à tout, comme par exemple promettre l’impossible, la fermeture des frontières, le renvoi des immigrés hors de France, la poursuite des assistés fraudeurs, la fin des avantages pour les fonctionnaires.

Personne ne la fait taire

Alain Juppé, quant à lui, refuse les tribunes de bateleur de foire et se contente de présenter, jour après jour, un programme, sans faire de promesses qu’il ne saurait tenir.

Et la démarche du maire de Bordeaux, par son sérieux, sa densité aux antipodes de celle de Nicolas Sarkozy (qui n’a que lui pour tout programme) commence à payer puisque les sondages se suivent et se ressemblent : Alain Juppé demeure le candidat de droite préféré par les Français pour 2017, loin devant Nicolas Sarkozy (30% contre 21%).

Mieux, nos concitoyens estiment qu’il est sans doute le mieux armé des deux pour faire rempart, dans deux ans et demi, à la vague bleu marine du Front national.

On pourrait croire que de tels chiffres feraient réfléchir Bernadette Chirac. Pas du tout, elle continue à vendre son poulain dans les médias. Tout en émettant ici ou là des avis personnels (la présidence de l’UMP, "ce n’est pas de son niveau") assez gênants pour l’intéressé.

Mais ce dernier doit faire avec : Bernie s’est tue trop longtemps pour que quelqu’un parvienne aujourd’hui à la faire taire. C’est le prix (plutôt cher) à payer pour son soutien.http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1245180-bernadette-chirac-tacle-alain-juppe-le-soutien-encombrant-a-nicolas-sarkozy.html

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