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Sarkozy Acte II ? Tout devient possible !

2 Septembre 2016, 16:14pm

Publié par Antonella LA FRANCE POUR LA VIE NS 2017

Sarkozy Acte II ? Tout devient possible !

Sarkozy Acte II ? Tout devient possible !

FIGAROVOX/TRIBUNE - Le livre de Nicolas Sarkozy, «Tout pour la France», est en tête des ventes. Pour Eric Delbecque, Nicolas Sarkozy conserve un talent intact pour comprendre les passions et les peurs des Français.

Eric Delbecque est directeur du département intelligence stratégique de SIFARIS et président de l'ACSE. Il a publié Idéologie sécuritaire et société de surveillance(éd. Vuibert, 2015).

La grande caractéristique de Nicolas Sarkozy est de ne pas reculer devant les mots. Son dernier livre, Tout pour la France (Plon), le prouve. On ne peut jamais juger absolument de la sincérité d'un homme politique depuis quarante ans à travers ses livres: seule l'épreuve du pouvoir le permet. Néanmoins, il apparaît possible d'évaluer la cohérence d'un message et, surtout, de savoir si les pages d'un essai révèlent quelque chose de capital sur l'esprit du temps et les grandes questions qui agitent un pays ou même la planète.

Le livre de l'ancien président ne craint pas de nommer ce que voient clairement un certain nombre de Français.

De ce point de vue, le livre de l'ancien président ne craint pas de nommer ce que voient clairement un certain nombre de Français. Dès les premières pages, il dénonce la tyrannie des minorités et appelle au combat contre le multiculturalisme, opposant à ce dernier la culture du rassemblement. Tout dérive en effet de ce premier constat. Le problème prioritaire de la France réside dans son manque de cohésion nationale et sociale. Lorsque la haine de soi l'emporte au point de criminaliser l'emploi du mot «identité» ou que certains s'interrogent sur la légitimité d'afficher notre drapeau (par exemple lors des célébrations et cérémonies nationales), c'est la condition même de l'action politique qui se voit détruite. Quel objectif poursuit un Etat et son chef, sinon de permettre à la collectivité qu'il conduit de persévérer dans l'être et de se développer, sans nuire aux autres sociétés humaines.

L'affirmation de la nation

Nicolas Sarkozy ne fait donc ici que réaffirmer le socle, implicite, du contrat social.

Il est donc bien nécessaire de reconnaître l'existence d'une identité, et il se trouve que la politique moderne repose sur des nations. Nicolas Sarkozy ne fait donc ici que réaffirmer le socle, implicite, du contrat social: loin de se réduire à une pure convention juridique et formelle garantissant la fin de l'état de nature redouté par Hobbes, il suppose qu'un consensus existe sur des manières de vivre fondamentales. Dans le cas contraire, aucun artifice ou arrangement contractuel (de surcroît fictif puisque les théories du contrat social constituent d'abord une structure de raisonnement) ne compensera l'absence d'une culture partagée. C'est en effet l'un des cœurs du débat présidentiel de 2017 et l'auteur de Tout pour la France le voit clairement. Toute son argumentation ultérieure sur la sécurité et l'immigration s'adosse sur cette analyse première. Rien de nouveau, certes, dans un tel diagnostic sur la difficulté de notre pays à faire nation, dans la mesure où les communautarismes le fragilisent régulièrement, mais Sarkozy comprend intuitivement et rationnellement que la base du vote Front national (et maintenant d'une part non négligeable de celui des Républicains) est là: dans l'incapacité de nos élites à valoriser la France, son héritage, ses valeurs et ses réalisations présentes.

Il existe chez Sarkozy un instinct pour mettre l'accent sur les préoccupations populaires qui contribue à alimenter sa solide capacité de résilience.

Dès lors son insistance sur la nécessité de réaffirmer l'autorité n'étonnera personne. Mais une fois de plus, chacun ressent clairement que cette évidence mérite désormais d'être ré-énoncée. Le terrorisme lui fournit bien sûr un terrain de choix pour illustrer son propos. Enfermer les personnes fichées pour tenter de réduire le risque terroriste soulève bien évidemment de forts et légitimes questionnements. Mais en matraquant ce type de propositions, il vise à s'opposer à tous les discours lénifiants et parfois même scandaleux qui postulent que le délinquant ou le terroriste est d'abord et avant tout un être fragile que la société n'a pas su traiter psychologiquement ou épauler socialement et économiquement. La polémique du burkini nous a encore fourni quelques illustrations déplorables de responsables politiques ignorant la claire volonté de provocation d'intégristes dans toute cette affaire.

Toutes ses affirmations corollaires s'en déduisent: construire des prisons, maîtriser les flux migratoires, etc. Il existe chez Sarkozy un instinct puissant pour mettre l'accent sur les problématiques et les préoccupations populaires qui contribue à alimenter sa solide capacité de résilience.

La même logique s'observe dans son discours économique et social, notamment quand il se livre à l'apologie du travail en mettant en accusation les discours qui prétendent en libérer les individus, en sous-estimant son potentiel émancipateur ou en évitant de préciser ce qu'ils comptent proposer à nos concitoyens pour vivre dignement et imaginer un avenir meilleur pour eux et leur famille.

Incarner la fonction tribunicienne

Il parvient toujours à incarner un homme d'énergie qui ne calibre pas sa parole comme peut le faire une majorité de notre personnel politique, éduquée à l'ENA.

Quelles que soient ses erreurs passées, il parvient toujours à incarner aux yeux d'une part substantielle de nos compatriotes un homme d'énergie qui ne calibre pas sa parole comme peut le faire une écrasante majorité de notre personnel politique, éduquée dès l'ENA à tout faire pour se séparer du peuple et exhiber sa différence. A cet égard, la récente démission d'Emmanuel Macron met en relief l'intention de Nicolas Sarkozy. Face à un ministre médiatique dont l'absence de réalisation sérieuse semble asseoir la popularité et qui promeut une sorte de libéralisme «tendance» empaqueté dans un vague d'optimisme et l'apologie superficielle de l'innovation et du futur, l'ancien chef de l'Etat prend ses distances vis-à-vis d'une élite socialo-démocratico-énarchique qui connaît peu le monde réel, préférant capitaliser sur des valeurs clefs: la nation, la sécurité, le travail, une Europe de projets et non technocratique etc. Un discours de libéral-conservateur, attaché à l'Etat stratège et gaullien, et réaffirmant les intérêts français en Europe et plus généralement dans le monde? Sans doute, même si le positionnement n'est pas aussi clairement affiché. Certains ont fait l'erreur de croire que «Sarko» appartenait au passé. Ce n'est pas le cas. C'est un instinctif, et probablement un intuitif lorsqu'il sait maîtriser son tempérament ; il absorbe aussi les idées et il entend la voix montante et irritée du peuple. L'honnêteté commande de reconnaître, que l'on soit porté à l'apprécier ou à le rejeter (là n'est pas du tout la question), qu'il saisit ce que porte la fonction tribunicienne dans une arène politique.

En tout état de cause, ce livre fait écho à ce que l'on peut attraper à la volée lorsque l'on cesse de parler et qu'on prête l'oreille à la rue… Beaucoup devraient s'en souvenir et se rappeler que le parisianisme et les médias ne font pas un président. Sarko acte II? Imprudents ceux qui répètent à l'envi que les Français souhaitent passer à autre chose. La mécanique des primaires, les jeux d'égo de tous ceux qui veulent être calife à la place du calife, et la comparaison entre les candidats, pourraient réserver bien des surprises en 2017…http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/09/02/31001-20160902ARTFIG00200-sarkozy-acte-ii-tout-devient-possible.php

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