Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Site d informations  .PEUPLE EN COLÈRE RAS LE BOL DU SOCIALISME .

Comment Sarkozy veut flinguer Juppé et la primaire à droite

4 Octobre 2016, 17:15pm

Publié par Antonella LA FRANCE POUR LA VIE NS 2017

EXCELLENT ARTICLE

EXCELLENT ARTICLE

Comment Sarkozy veut flinguer Juppé et la primaire à droite

Selon Jean-Marie Le Pen, Nicolas Sarkozy se "jeanmarinise". Une déclaration qui tombe à pic au moment où l'ancien président entre en guerre contre l'éventuelle mobilisation d'un vote Juppé de gauche à la Primaire LR. Une déclaration de guerre susceptible de démontrer à la gauche saisie par la tentation Juppé l'inutilité d'un tel vote pour faire barrage à Sarkozy. Décryptage.

Nicolas Sarkozy se « Jeanmarinise ». Parole d’expert en matière de chaos, signée Jean-Marie Le Pen. Qu’on ne s’y trompe pas, en jouant de l’ironie, le Menhir invite ceux des électeurs qui se reconnaissent en lui à voter pour l’ancien président contre Marine, toujours coupable d’être Philippot dépendante. N’empêche, ce renfort tombe à point pour Nicolas Sarkozy qui s’est lancé dans une nouvelle croisade: la lutte contre la tentation des électeurs de gauche de venir voter Juppé contre lui à la Primaire LR.

Ce lundi, en meeting à Reichstett, le candidat s’est déchaîné: "où est la loyauté, quand on appelle des électeurs de gauche à voter, à signer, parjures, un papier dans lequel ils s'engageraient à partager les valeurs de la droite?"

Nicolas Sarkozy a décidé de "bordeliser" la Primaire LR. De la délégitimer par avance, au cas où elle ne lui serait pas favorable. Le discours de Reichstett porte en lui une logique politique: s’il n’est pas désigné vainqueur de la Primaire parce que la victoire d’Alain Juppé aura été désignée grâce au renfort des voix de gauche, il ne sera pas engagé par ce résultat. Et s’il n’est pas engagé, il sera libre de faire ce qu’il veut, comme il veut, quand il veut. En clair, il est possible, si ce n’est probable, qu’il soit candidat, quoi qu’il advienne, au premier tour de l’élection présidentielle.

Répétons-le pour qui se refuserait à considérer ce facteur humain essentiel: Nicolas Sarkozy n’a rien à perdre dans cette affaire. Absolument rien. Bien au contraire. La stratégie "jusqu’au-boutiste" qui se dessine, en creux, à travers le discours de Reichstett ne laisse guère planer de doute. Ce sera tout ou rien. Moi ou le chaos. Ce qui s'explique tant politiquement qu'humainement pour qui connait un peu son Sarkozy.

Politiquement, ayant délégitimé une Primaire qui ne lui serait pas favorable, il mobiliserait sans peine le cœur militant et sympathisant actif de Les Républicains. Ceux-là, qui le soutiennent sans peine, le suivront, toujours et partout. Faut-il ici rappeler toutes ces enquêtes d’opinion qui, sans exception, attestent qu’auprès de ce noyau dur Nicolas Sarkozy dépasse et surpasse Alain Juppé?

Humainement, il ne serait pas celui qui a perdu face à Alain Juppé, mais celui qui s’est fait voler la victoire par effraction. De son point de vue, cela compte. Nicolas Sarkozy n’est jamais battu, il est victime de circonstances contraires et de gens malhonnêtes qui lui volent ses victoires. En 2012, à dix jours près, il est convaincu, il aurait été réélu.

Il faut toujours intégrer la dimension narcissique dans le processus d’évaluation du sens et la portée des actes de l’ancien président. Il est de cette trempe politique qui fait fi de Machiavel, dépassée, débordée, noyée par des passions qui ont peu à voir avec la nécessité d’être rationnel. Il est certain que la perspective de perdre un élection face à Alain Juppé relève pour lui de l’impossibilité. Cela ne peut pas arriver. Cela n’arrivera pas. Et si cela se produit, alors, il en tirera cette conclusion plus que perceptible dans le discours de Reichstett: ce sera un vol manifeste, une confiscation insupportable, un déni de l’histoire…

Désormais, plane une lourde menace sur la Primaire LR. La "bordelisation" sarkozyste est en marche et rien ne l’arrêtera. Le message est lancé aux électeurs du centre, et plus encore (pour ne pas dire surtout) à tous ces électeurs de gauche aujourd’hui tentés par le vote Juppé. A ceux-là, suspects de vouloir apporter sur un plateau la victoire de Juppé à la Primaire LR, Nicolas Sarkozy adresse un message dépourvu de toute ambiguïté: leur vote à la Primaire, entendue au sens de nécessaire sacre de Nicolas Sarkozy, n’engagera qu’eux, et seulement eux. Leur vote étant considéré comme impur, puisque « parjure », d’où le choix du mot qui ne tient en rien au hasard. Ce vote est nul et non avenu. Il n’en sera pas tenu compte, puisqu’il conduira à désigner un autre vainqueur que celui ontologiquement porteur des valeurs de la droite et du centre, Nicolas Sarkozy.

Parjure, cela rime avec forfaiture. Nicolas Sarkozy a établie à Reichstett une équation qui va plomber la campagne Primaire LR: toute victoire de Juppé est une victoire de la gauche, donc, un résultat inacceptable.

Voilà les électeurs de gauche tentés par le vote républicain prévenus. Quoi qu’il arrive, Nicolas Sarkozy battu ne se considérera pas comme battu. Cela signifie qu’il continuera le combat présidentiel par tous les moyens. Ce qui nous amène à une inévitable conclusion politique: Sarkozy a indiqué à Reichstett qu’il a aujourd’hui en tête d’être candidat au premier tour de l’élection présidentielle quel que soit le résultat de la Primaire LR. Sans Juppé, s’il emporte la décision, cela va de soi, le résultat étant logique. Contre Juppé, s’il est défait au soir du 27 novembre prochain, cela va encore de soi, le résultat étant trucage.

Les esprits les plus cartésiens, souvent timorés en politique, éprouveront sans doute quelques difficultés à intégrer l’hypothèse. Nicolas Sarkozy pourrait-il aller jusque-là, s’affranchir de tout respect du résultat de la Primaire et être candidat jusqu’au bout? Oui, sinon, il ne serait plus Nicolas Sarkozy. Il ose tout, partout, tout le temps, et c’est même à cela qu'on le reconnait.

Cette perspective change la donne de l’élection présidentielle qui vient. Surtout vu de gauche. A quoi bon aller voter Alain Juppé si cela ne conduit pas, de manière absolument certaine, à l’élimination de Nicolas Sarkozy? Allons plus loin encore dans la sensibilisation des conséquences d’un vote Juppé de gauche à la Primaire LR: que donnerait un choc Juppé/Sarkozy au premier tour de l’élection présidentielle? Quel serait l’issue de ce combat, entre un Sarkozy adossé aux 20% (minimum) de voix qui ne pourraient lui manquer, et un Juppé coincé au centre, entre Sarkozy et Le Pen d’un côté, et Macron et un candidat socialiste de l’autre, sachant que le centre français, c’est un socle de 12 à 15% des voix au mieux? Il est vraisemblable que le tant redouté second tour entre Sarkozy et Le Pen aurait lieu malgré tout. La vérité est cruelle, mais elle est aujourd’hui, en l’état de ce qu’il est possible d’anticiper, quasi-incontournable.

http://www.challenges.fr/politique/sarkozy-se-jeanmarinise-ou-l-inutile-vote-de-gauche-juppe-a-la-primaire-lr_431016

Commenter cet article