Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Site d informations  .PEUPLE EN COLÈRE RAS LE BOL DU SOCIALISME .

Loi Taubira, euthanasie, PMA-GPA : Nicolas Sarkozy prend position

6 Octobre 2016, 17:45pm

Publié par Antonella LA FRANCE POUR LA VIE NS 2017

Loi Taubira, euthanasie, PMA-GPA : Nicolas Sarkozy prend position

Loi Taubira, euthanasie, PMA-GPA : Nicolas Sarkozy prend position

EXCLUSIF MAG – Dans deux mois, on connaîtra le nom du candidat, parmi les sept en lice, qui portera les couleurs de la droite à la présidentielle. Famille Chrétienne interroge chacun d'entre eux au fil de la campagne. Rencontre avec Nicolas Sarkozy sur sa vision de la famille et du pouvoir.

Que pouvez-vous dire aux électeurs catholiques de 2007 et 2012 qui ont voté pour vous et qui doutent aujourd’hui ?

Je sais que la parole publique est frappée d’un grand discrédit, notamment à cause des mensonges de la gauche depuis 2012. Je peux avoir déçu sur tel ou tel point mais, président de la République, je n’ai pas menti. À ceux qui se préparent à voter en 2017, je veux redire les paroles du grand Mandela. « Je ne perds jamais : soit je gagne, soit j’apprends. » En 2007, j’ai gagné. En 2012, j’ai appris.

François Fillon se présente comme le candidat « le plus proche des valeurs des catholiques »…

Les catholiques sont libres, ils n’aimeraient pas qu’on leur impose ou qu’on les enferme dans un choix.

Quelle est votre position sur la PMA et sur la GPA ?

Je considère que la stérilité partielle est un tel problème pour les couples hétérosexuels que si la médecine peut favoriser la fertilité, je ne vois pas pourquoi on ne le ferait pas. Je parle évidemment pour les couples hétérosexuels.

Concernant la GPA, je suis opposé pour les couples homosexuels comme pour les couples hétérosexuels, car elle ouvre la voie à la marchandisation du corps humain que je refuse. Je considère qu’il n’y a pas de droit à l’enfant. Il y a un désir d’enfant. L’enfant est un mystère. Quand on croit, c’est un mystère divin. Quand on ne croit pas, c’est un mystère tout court.

Seriez-vous prêt à constitutionnaliser l’interdiction de la GPA ?

Je suis favorable à une initiative internationale. L’idée serait de pouvoir interdire aux ressortissants de pays qui n’acceptent pas la GPA – comme la France – de la pratiquer dans des pays où elle est autorisée. Cela permettrait d’éviter qu’on contourne la loi par l’argent et par l’extraterritorialité.

Comprenez-vous les familles françaises qui iront manifester le 16 octobre prochain contre la loi Taubira ? Est-ce un combat d’arrière-garde ?

La politique familiale, héritée du général de Gaulle, a été méthodiquement déconstruite depuis 2012. Victimes d’un matraquage fiscal, les familles ont été prises pour cible par ce gouvernement. Ce n’est donc pas un combat d’arrière-garde ! Je déteste qu’on caricature les gens. C’est cela, tenir compte de la France dans sa diversité.

Seriez-vous prêt à descendre dans la rue le 16 octobre avec la Manif pour tous ?

Non. Vous savez, la famille est tellement importante pour moi que j’aimerais que l’on se batte pour elle de façon positive, pas de façon défensive. Pour moi, il est beaucoup plus important d’affirmer l’universalité des allocations familiales ou du rétablissement du quotient familial. Je ne veux pas que la famille soit une citadelle assiégée.

Un récent sondage indiquerait que la majorité des Français ne souhaiterait plus l’abrogation de la loi Taubira. Cela valide votre stratégie ?

Mes convictions, vous les connaissez. C’est un sujet que j’ai longuement abordé dans La France pour la vie (1) en expliquant pourquoi je ne reviendrai pas sur la loi Taubira. On ne va pas démarier ! On ne choisit pas sa sexualité, le besoin d’amour est le même qu’on soit hétérosexuel ou homosexuel. Et il n’y a pas d’amour sans reconnaissance sociale.

Pour surmonter la crise morale et sociale, la France a-t-elle besoin d’un homme providentiel ?

Je ne crois pas au mythe du sauveur. Je crois en revanche à l’autorité et à la nécessité d’une vision. Mon ambition n’est pas de sauver la France à moi tout seul – ce serait d’une grande arrogance et voué à l’échec –, mais de créer les conditions d’un immense rassemblement. Je veux être le déclic, le fédérateur. Au fond, je veux être le porte-parole de la majorité silencieuse.

Après l’assassinat du père Hamel, l’Église a voulu se garder de la colère et prendre les armes de la prière. Peut-on pardonner à des terroristes ?

Le rôle de l’Église, c’est l’amour, l’accueil et le pardon.

Y compris des terroristes ?

Le pardon est une conviction chrétienne. L’Église, face à ces barbares qui assassinent ce pauvre homme de 84 ans, est dans sa logique spirituelle et historique de pardonner.

Qu’est-ce qui a changé depuis que la France est confrontée au terrorisme islamiste sur son propre sol ?

Il y a une prise de conscience de l’immense majorité de nos compatriotes que, ce qui est attaqué, c’est l’idée même de la France. Cette France qu’ils ont reçue de leurs parents et leurs grands-parents. Il en va de notre héritage. La France n’est pas une page blanche. L’héritage, c’est la solidarité avec tous ceux qui nous ont précédés. Ils nous ont transmis un témoin. Ce qu’ils ont ensemencé profitera aux générations suivantes. Ce que nous faisons aujourd’hui profitera ou pénalisera les générations d’après. Nous sommes des passeurs en réalité. Nous sommes de passage, nous sommes des « égarés », pour reprendre le titre d’un livre de Jean d’Ormesson.

Les Français peuvent-ils aussi s’égarer dans la violence ?

Je pense que les peuples ne changent pas. Dans le tempérament politique français, il y a une forme de violence. Et qui s’est traduit à de nombreuses reprises dans notre histoire nationale. Il y a donc une forme de tradition d’emportement français. Quand j’étais en responsabilité, j’ai toujours essayé d’apaiser ces emportements. À l’inverse de la pensée unique, je crois que formuler les douleurs françaises, cela les apaise. C’est la négation de la douleur qui attise. C’est l’impuissance qui rend tout possible, ce sont la règle et l’autorité qui rassurent.

Vous cultivez dans vos discours une véritable mystique de l’engagement. Est-ce un simple effet d’estrade ?

Le sens de la vie est de s’engager. Je suis un homme d’engagement. Le refus de s’engager, c'est le contraire de la vie. Je vais vous donner un exemple. J’ai souvent été amené à faire face à des cercueils de militaires morts en opération. Des jeunes militaires. Et j’ai toujours été ému par la certitude qu’avaient les parents de ces militaires que 20 ans n’était pas un âge pour mourir – si tant est qu’il y ait un âge –, mais que la brièveté de leur existence ne les avait pas empêchés de faire des choix. Et la sincérité, comme la grandeur de l’engagement de ces jeunes hommes et jeunes femmes dans l’armée française, apaisait la douleur de leur disparition.

Si la vie est sacrée, est-il possible un jour de légaliser l’euthanasie, y compris à l’adresse des mineurs comme nos voisins belges ?

J’ai toujours été opposé à l’euthanasie. La seule exception pour moi, c’est quand la vie n’est plus la vie, qu’on n’est plus que souffrance, qu’artificialité. Je comprends qu’on arrête la vie quand elle n’est plus la vie. J’ai toujours pensé qu’il y avait une zone grise qui appartenait au secret du patient, de sa famille et du médecin, et qui ne devait pas être codifiée.

Mais il n’y a pas un moment où l’on doit légiférer ?

D’abord, les soins palliatifs sont un marqueur de civilisation. J’ai encore défendu cette conviction devant 1 500 personnes il y a quelques jours [meeting de Dozulé le 26 septembre, Ndlr]. Le vrai scandale, c’est l’isolement dans lequel tant de nos compatriotes terminent leur vie. C'est un défi de solidarité pour nous tous et un devoir vis-à-vis de nos aînés. Être un médecin qui accouche des enfants, c’est beau ; être un médecin qui guérit, c’est beau. Mais je pense qu’un médecin ou un personnel de santé qui accompagne des gens condamnés à la mort, c’est aussi beau ! Parce que c'est la dignité de l’homme jusqu’à la dernière seconde : il doit être respecté, traité dignement.

Donc, je suis contre l’euthanasie. Cela dit, je suis contre l’idée que la loi doit tout régler. Quand vous êtes à côté de la personne que vous aimez, qui est vraiment au bout du bout de la vie, qui ne peut plus vivre tellement il souffre, ce n’est pas la loi qui peut régler cela, mais le dialogue confiant entre un médecin, la personne qui vous aime et vous ! Si je suis confronté à cette situation, je préfère que les personnes qui m’aiment et le médecin décident plutôt que la loi.

À ce propos, que pensez-vous de l’affaire Vincent Lambert ?

Je ne tire pas de conclusions d’une affaire exceptionnelle où il y a énormément de souffrances. Je vois d’abord une famille qui explose, se déchire, et un patient qui souffre. Je vous le répète, je ne suis pas favorable à l’euthanasie, et je pense que l’extrême fin de vie est un moment où la vie n’est plus la vie, donc on peut l’arrêter.

Tous les médias vous présentent comme une personnalité « clivante ». Est-ce que vous assumez cette image ?

Vous vous souvenez certainement de cette chanson magnifique de Guy Béart [il poursuit en fredonnant, Ndlr] « le chanteur a dit la vérité, il doit être exécuté… ». C’est un des classiques de la vie… tout court. Celui qui dit la vérité est bien souvent stigmatisé, parce qu'il est tellement plus simple de critiquer celui qui décrit la réalité que de s’attaquer la réalité. À en écouter certains, la violence n’existe pas. C’est la description qu’on peut faire de la violence qui existe ! On peut parler de la violence sans être violent.

Sans susciter la violence et la polémique ?

Je le répète : c'est la règle qui apaise, c'est l’autorité qui rassure, c'est la description de la réalité qui transforme la douleur en action positive. Il faut entendre la douleur, c’est le message de l’Église. Notre-Dame-des-Douleurs, c’est catholique ! Est-ce clivant de décrire la réalité ? Est-ce clivant d’entendre la douleur ? Je ne cesserai jamais de tenir le langage de la vérité, condition indispensable pour rétablir le lien de confiance avec les Français.

Mais décrire le mal français ne suffit pas ?

Entendre la douleur, c'est le premier élément. C’est d’ailleurs tout le principe de la confession. On entend la douleur, on la formule. Le péché est une douleur, on le pardonne, et puis on a l’espérance… Je ne caricature rien. Je vous parle d’un processus catholique qui a quand même vingt-et-un siècles d’existence !

Mais la politique n’est pas un confessionnal ?

Évidemment. Je veux juste vous faire comprendre que ceux qui refusent de voir la réalité ne savent pas quoi en faire. Le déni des réalités du quotidien vécu par les Français n’est pas ma politique.

Comment voyez-vous le lien que vous avez tissé avec les Français depuis 2007 ? Est-il toujours aussi fort ? Est-il altéré ?

Est-ce que ce lien perdure ou est-ce qu’il s’affaiblit ? Ce qui est important, ce n’est pas d’être d’accord, mais d’avoir un lien. Le lien avec vos enfants, même s’ils ne sont pas d’accord avec vous, reste un lien. La caractéristique du lien est qu’il se resserre ou se détend.

Vos échecs continuent à vous marquer ?

La vie n’est qu’une succession d’épreuves. Pour tout le monde. L’échec professionnel, l’échec personnel, l’épreuve de la maladie… Je ne connais aucune exception, c’est une règle. Le bonheur est dans l’épreuve surmontée, pas dans l’épreuve évitée. L’échec est fondateur parce qu’il fait mal, le succès n’apprend rien parce qu’il fait du bien. L’épreuve fait partie de ma vie. Et j’ai essayé à chaque fois que j’ai connu des échecs – et j’en ai connus – d’en tirer des leçons. C’est cet indispensable retour sur expérience qui fonde aujourd’hui mon engagement pour la France.

Voter est un devoir civique.Mais c’est parfois aussi une épreuve. À l’occasion de la primaire de la droite et du centre, Famille Chrétienne va au-devant des candidats pour les interroger sur le fond : les valeurs, l’éthique, l’éducation, la foi, leur vision de la France, etc.

Aujourd’hui, c’est au tour de Nicolas Sarkozy. Ce dernier n’esquive pas les questions qui fâchent. Abrogation de la loi Taubira, euthanasie, PMA : le candidat répond avec son énergie habituelle, et entend convaincre les catholiques pratiquants qui ont déjà voté pour lui, et qui doutent. L’ancien président revient sur le lien mystérieux – et tumultueux – qu’il a tissé avec les Français, le comparant aux difficultés de la vie conjugale. Il met en avant son parler-vrai et sa vision de l’identité française, où le catholicisme n’a pas à batailler pour trouver sa place…

Après François Fillon et Nicolas Sarkozy, Famille Chrétienne va donc rencontrer les autres candidats à cette primaire : Alain Juppé, Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé, Jean-Frédéric Poisson. Le candidat parfait n’existe pas. Mais il faut faire un choix. Tout l’art du vote catholique consiste à prendre en compte les principes de la doctrine sociale de l’Église pour éclairer son choix. À travers nos questions à ces candidats, nous voulons essayer d’y voir plus clair.

Antoine-Marie Izoard, Hugues Lefèvre et Samuel Pruvot

http://www.famillechretienne.fr/politique-societe/politique/nicolas-sarkozy-je-suis-oppose-a-la-gpa-pour-les-couples-homosexuels-204871

Commenter cet article