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Laurent Wauquiez fustige «ceux qui ont préféré se vendre» à Emmanuel Macron

24 Mai 2017, 13:52pm

Publié par PEUPLE EN COLÈRE RAS LE BOL SU SOCIALISME

Laurent Wauquiez fustige «ceux qui ont préféré se vendre» à Emmanuel Macron

Laurent Wauquiez fustige «ceux qui ont préféré se vendre» à Emmanuel Macron

En meeting avec François Baroin, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a tiré à boulets rouges contre les ministres LR.

Envoyé spécial à Jonage (Rhône)

Laurent Wauquiez s'était tenu coi depuis le second tour de la présidentielle et l'élection d'Emmanuel Macron. Il a profité du déplacement de François Baroin, mardi en Rhône-Alpes, pour dire dans quelle piètre considération il tient les élus LR qui ont rallié Emmanuel Macron. «À la tribune, il y a des anciens ministres, mais pas de ministres en exercice», a-t-il d'emblée précisé en saluant Bernard Accoyer, Christian Jacob, Nora Berra ou Brice Hortefeux, réunis le temps d'un meeting à Jonage, dans la banlieue lyonnaise.

«Ici, on ne renonce jamais à ses valeurs. Ici, personne n'a trahi pour les dorures des ministères, a expliqué l'ancien ministre devant près de 700 personnes. Nous, nous sommes de droite et nous sommes fiers d'être de droite. Une droite de conviction. Et elle n'est pas à vendre, nous ne fusionnerons jamais avec En marche!.» Le chantre de la droite «qui ne s'excuse pas» s'est longuement appesanti sur la «trahison» de ses anciens amis. «Certains ont préféré se vendre plutôt que de rester fidèles à leurs idées, a-t-il expliqué. Je suis écœuré quand je vois ceux qui hier critiquaient violemment Emmanuel Macron et qui aujourd'hui se jettent dans ses bras.» S'il omet de citer les noms d'Édouard Philippe et de Gérald Darmanin, Laurent Wauquiez a concentré le tir sur le nouveau ministre de l'Économie. «Quand Bruno Le Maire était candidat à la primaire de la droite, il voulait baisser la CSG de 22 milliards. Maintenant qu'il est ministre de l'Économie, il va appliquer le programme d'Emmanuel Macron et augmenter la CSG de 21 milliards. Au moins, vous savez maintenant combien coûte la vanité d'être ministre pour l'ancien héros du renouveau.»

Le signal envoyé par le vice-président de LR est très clair. Celui qui revendique être «resté fidèle à sa famille politique» - et que beaucoup pressentent candidat à la présidence du parti à l'automne - se veut le leader de ceux qui refusent «la main tendue» par Emmanuel Macron. Ni maintenant, ni après les législatives. «Nous, nous mettons l'intérêt du pays au-dessus des trahisons. Nous voterons évidemment les lois qui correspondraient à l'intérêt de la France - comme nous avons voté l'état d'urgence -, mais nous restons libres. Nous ne prêtons pas allégeance, parce que nos valeurs ne sont pas à vendre.» Succès garanti auprès des 700 personnes présentes.

François Baroin ne s'y trompe pas. Prenant la parole à son tour, le sénateur de l'Aube a ironisé: «J'ai l'impression que la région ici est tenue.» Le coordinateur de la campagne pour les législatives s'est bien sûr donné pour mission de remporter la «majorité absolue», le 18 juin prochain. «Le plus sûr moyen d'avoir une politique de la droite et du centre, c'est d'avoir une majorité de la droite et du centre à l'Assemblée nationale», répète-t-il à tous les militants qu'il rencontre.

Mais, avec le secrétaire général Bernard Accoyer, François Baroin tente aussi de prévenir l'explosion du parti, soumis aux tensions que créent l'élection d'Emmanuel Macron et les perspectives d'une recomposition. Mardi, il a vu Jean-Pierre Raffarin expliquer dans Le Figaro qu'«il ne (fallait) rien s'interdire». Il a entendu Christian Estrosi qui n'exclut plus de voter la confiance au gouvernement. Ou Nathalie Kosciusko-Morizet qui estime pouvoir travailler avec Emmanuel Macron sur la loi travail ou la loi de moralisation de la vie publique (lire ci-dessous). La belle cote de popularité du nouveau président auprès des sympathisants de LR a également de quoi faire réfléchir à trois semaines du premier tour des législatives. Mais il n'entend pas non plus se laisser impressionner par la mobilisation des «macron-compatibles» à droite. «Il y a eu un appel signé par une centaine d'élus, mais si nous l'avions voulu, avec Christian Jacob, nous aurions pu tout aussi bien faire un appel contre avec des milliers d'élus de droite», confie-t-il lors du déplacement.

Dans un jeu d'équilibriste, François Baroin met donc en garde contre ceux qui ne jurent que par Emmanuel Macron, mais aussi contre ceux qui ne jurent que par une opposition systématique. «Sous la présidence de Christian Jacob au groupe à l'Assemblée, la droite avait annoncé vouloir voter la déchéance de la nationalité», a-t-il rappelé en renvoyant la gauche à ses contradictions. «Ce n'est pas nous qui avons fait capoter la loi travail qui contenait des choses intéressantes, c'est la gauche, ce sont les frondeurs», a-t-il insisté ensuite. «Qu'on arrête pour les trois semaines qui viennent ces leçons de morale sur une droite scrogneugneu, a-t-il enfin exhorté. Nous avons toujours été au rendez-vous de la France et de notre devoir.»

François Baroin tente donc l'exercice de synthèse. «Le plus utile pour le pays, ce n'est pas un affrontement avec le président de la République, que nous respectons, édicte-t-il. Nous saurons pouvoir travailler à ses côtés pour le bien de la France, mais nous saurons aussi mener à bien avec beaucoup de détermination la politique qui nous semble la mieux à même de redresser le pays.» Reste à convaincre une majorité d'électeurs que cette position est la bonne pour une droite en quête de cap. Et convaincre ses amis de LR qu'un rassemblement est encore possible sur cette ligne.http://www.lefigaro.fr/politique/2017/05/23/01002-20170523ARTFIG00364-laurent-wauquiez-fustige-ceux-qui-ont-prefere-se-vendre-a-emmanuel-macron.php

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